Juan Pulgarin à la torréfaction

№ 03

Juan Pulgarin — El Barrio

Torréfacteur et restaurateur · Noailles, Marseille

17 minutes · Sorti le 2 mai 2026

01 — Le film

À Noailles, dans un local qui sent le café fraîchement torréfié, Juan Pulgarin tient une boutique qui n'est ni tout à fait un café de spécialité, ni tout à fait un restaurant, ni tout à fait une épicerie. C'est El Barrio.

Colombien et marseillais, torréfacteur, cuisinier, gérant — Juan refuse de choisir entre ses casquettes. C'est précisément ce refus que ce film documente. Cette multi-activité n'est pas une dispersion : c'est une manière de tenir ensemble plusieurs fidélités. La culture du café apprise au pays. La cuisine colombienne qu'on partage à table. Le quartier marseillais où il a choisi de s'installer. Le métier d'artisan, qu'il pratique à toutes les étapes — de l'achat des grains verts à l'expresso servi au comptoir.

Le choix de Noailles n'est pas anodin. Quartier populaire et le plus métissé de Marseille, c'est aussi celui où s'écrit, depuis des décennies, l'histoire des cuisines venues d'ailleurs. Ouvrir El Barrio ici, c'est s'inscrire dans cette trame plutôt que d'aller chercher les vitrines plus rentables du centre-ville. C'est aussi affirmer qu'un projet de café de spécialité — souvent associé à une clientèle aisée et homogène — peut avoir sa place dans un quartier populaire et multiculturel.

Au centre du film : le café comme matière et comme lien. En Colombie, c'est un produit national, une économie, un patrimoine. Dans la diaspora, c'est un objet de transmission, de fierté, de mémoire. Au comptoir d'El Barrio, c'est aussi ce qui réunit les corps : on s'arrête, on s'assoit, on parle. Juan le sait, et il en a fait sa méthode. Il ne sert pas un café, il ouvre une conversation.

Ce film est un portrait à hauteur d'établi : la torréfaction, le service, la cuisine, les sacs de grains arrivés d'Amérique latine, les rayonnages d'épices étiquetés à la main en espagnol. Il s'agit moins de raconter Juan que de le regarder travailler, et de saisir, dans le geste du métier, ce qui fait tenir un projet à la fois ancré et déplacé.

02 — Voir le film

03 — Images du tournage

Tournage au comptoir d'El Barrio
Étagère d'épices étiquetées à la main
Service de plats colombiens
Juan à la torréfaction
Sacs de café vert du Honduras et de Colombie
Bobine de café — Juan

04 — Crédits

Réalisation
  • David Nadier
Image
  • Charlotte Robert
  • David Nadier
  • Sam Van Minden
Interview
  • Juliette Verplancke
Montage
  • Charlotte Robert
  • David Nadier
Mixage son
  • Noah Chêne